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Regard d’expert

Claude Fromageot • Se transformer pour transmettre un monde vivable

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L’écologie et la préservation de l’environnement sont des valeurs que portent de plus en plus de marques. Que font-elles concrètement pour avoir des pratiques plus responsables et ainsi transmettre aux générations futures un monde vivable ? Rencontre avec Claude Fromageot, directeur du développement responsable du Groupe Rocher* particulièrement engagé sur ces questions.

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Claude Fromageot
Directeur du développement responsable
du groupe Rocher

Se poser la question de la transmission d’un point de vue RSE, c’est pour Claude Fromageot d’abord revenir à l’ouvrage fondateur Le Principe responsabilité, écrit par Hans Jonas en 1979. « Ce travail est à la base de tout ce que l’on nomme aujourd’hui le développement durable : il a en quelque sorte révélé notre devoir de transmission aux générations futures. Or, face à la catastrophe de l’anthropocène, on sent bien que notre modèle arrive au bout de sa logique. Il faut réapprendre à penser dans un temps long, avec une vision pour l’avenir. Cela peut par exemple commencer, dans nos sociétés hyper urbanisées, par renouer un lien à la nature via les sciences de la vie et de la terre », explique le directeur du développement responsable.

Le Groupe Rocher, un lien fort avec la nature

C’est d’ailleurs la chance qu’a le Groupe Rocher : celle de n’avoir jamais été « hors sol ». Littéralement, puisqu’il s’est construit historiquement autour de la culture des plantes qui sont à la base des produits Yves Rocher. Mais aussi plus philosophiquement : la société mère est née dans un village breton, et en a gardé une attention particulière au développement local, à la transmission patrimoniale, et bien sûr à l’environnement. « Aujourd’hui notre fondation nous aide, tel un phare, à garder ce cap. Notre PDG lui-même, Briche Rocher, jeune papa lorsqu’il a pris la présidence du groupe, s’est toujours senti un devoir de transmission tant de son entreprise que d’un monde plus responsable. Cela fait écho à quelque chose vis-à-vis de ses propres enfants », abonde Claude Fromageot. 

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Un rôle clé pour le politique et l’échelon local

Faut-il pour autant confier la question de l’environnement aux seules entreprises ? 
« Ce serait une catastrophe, on a absolument besoin du monde politique ! » s’exclame Claude Fromageot. Lui-même dit travailler régulièrement en lien étroit avec le ministère de la Transition écologique, persuadé que les cadres législatifs qui incitent les entreprises à adopter un comportement vertueux sont bons pour les entreprises. notamment pour réclamer une législation toujours plus exigeante en la matière, et des évolutions fiscales qui incitent les entreprises à un comportement vertueux. De la même manière, les ONG jouent un rôle d’aiguillon auprès des entreprises pour pousser ces moteurs économiques à évoluer. Face au « siphon » qu’est devenue la finance mondiale, Claude Fromageot estime que les entreprises implantées dans les territoires comme la sienne sont à la bonne échelle pour œuvrer à la transition. C’est d’ailleurs peut-être selon lui dans les villes que les choses changent le plus vite, notamment au niveau des transports. Avec à la clé des changements qui permettent d’espérer transmettre un monde meilleur aux générations futures.

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Un gain économique… et une nécessité de survie

Aujourd’hui, le Groupe Rocher s’engage à travers ses marques dans les grandes transformations : carbone, plastique, consommation responsable… Il a pris le tournant de devenir une « société à mission », et travaille pour être certifié B Corp d’ici à 2025. « C’est un formidable levier de fierté et de mobilisation interne pour nos collaborateurs : c’est quand même beaucoup plus agréable de travailler 
dans une entreprise qui souhaite combiner profit et action pour le monde, qui n’est pas là seulement pour faire du profit. Cela nous a permis de nous projeter à horizon 2030, et d’embarquer tout le monde avec nous jusque dans les fonctions support 
», se réjouit Claude Fromageot. Ainsi, les questions liées à la transition écologique concernent véritablement tout le groupe, et la transmission se fait horizontalement sans effet « silos ». C’est aussi le cas sur l’axe vertical : pensé au niveau du terrain, le programme « We R Change » contribue lui aussi à transformer la vie des sites. Impulsé localement et non par le Comex, il est un outil complémentaire pour mobiliser massivement. Vue sous cet angle, la transition écologique est donc aussi un avantage concurrentiel pour les entreprises, avec un gain économique à la clé. Comme le rappelle un célèbre slogan, la transmission de conscience aux générations futures constitue sur le long terme un impératif de survie : « pas de business sur une planète morte ». Tout simplement.

*Groupe Rocher ; Yves Rocher, Petit Bateau, Arbonne, Stanhome… 

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